AGENDA



mardi 31 octobre 2017

Rendez-vous en terre inconnue

Samedi 28 octobre 2017, 13 h, l’association « Femmes et Développement » nous a donné rendez-vous aux Ulis, à la Vaucouleurs, pour charger le camion de cagettes et de bouteilles vides. Sans idée sur le déroulement du week-end, je me suis laissé guider par la motivation et l’énergie communicative de Nicole, adhérente de CES et de « Femme et Développement » depuis sa création, pour aller fabriquer du jus de pomme aux bénéfices de son association.

Nous voici donc à La Vaucouleurs, devant le camion, à une petite dizaine de personnes, toutes plus chaleureuses les unes que les autres pour charger. Ambiance joyeuse du travail gratuit et collaboratif. Allers et retours camion/cave et cave/camion. Le temps est au beau, l’ambiance est au plaisir d’être ensemble. Camion chargé, nous nous donnons rendez-vous, quelques centaines de km plus loin, à la Varennes sur Loire, où nous logerons.

Accueil "Place du jeu de paume" renommée, dans une blague potache, "Place du jus de pomme". L’ambiance est bien installée. Ce sont de charmants militants de l’habitat partagé qui vont prendre soin de nous toute la soirée, nous nourrir et nous loger. Grande tablée partagée où nous nous découvrons, qui est retraité de l’éducation nationale, qui est travailleuse social, qui est ancienne et ancien maraîcher bio, qui est professeur d'Histoire-Géo, qui est retraité ou encore actif de la recherche publique, qui est réfugié du Darfour, qui est demandeuse d’asile, tous divers et tous uniques, tous frères et sœurs en humanité. Les discussions vont bon train, nous parlons accueil des réfugiés et nous nous désolons de ce que notre France ne sait pas accueillir ses frères comme ils mériteraient de l’être, nous parlons écologie, nous parlons, autour d’une bonne soupe aux légumes et de bons vins de Saumur, des faucheurs volontaires, des OGM, de la Confédération Paysanne, de Notre Dame des Landes. Ambiance écolo, alternative, participative et sociale. Soirée douce et enjouée. Envie de me dire, envie de croire, l’espace de cette parenthèse improbable, que chaque jour, partout sur cette Terre que j’aime tant et à tout moment, la vie est comme cela, simple, écolo, décroissante, solidaire et fraternelle. La soirée se passe, le feu dans la cheminée se meurt peu à peu, tranquillement nous incitant à aller nous coucher.

6 h du matin réveil des troupes. Les yeux encore plein de sommeil pour les uns, l’énergie des petits matins frais pour les autres, nous prenons notre petit déjeuner autour du thé, du café, de bonnes gâches vendéennes et de confitures maison, puis Nicole sonne l’heure du départ. Nous remplissons les voitures de travailleurs motivés et joyeux, direction notre lieu de travail. Trois quart d’heure plus tard nous voici à Ecouflant, dans les hangars de l’association « Espoir jus de fruits » qui, outre de mettre ses installations au service des particuliers et associations, produit ses propres jus de fruits bio certifiés écocert. Nous découvrons l’endroit dans la fraîcheur angevine, mais pas vraiment le temps de flâner, on nous montre nos postes, on nous donne des tabliers que déjà le premier bac de pommes est versé dans le lavoir.

Nous brassons, à la main, pour laver nos pommes bios, nous laverons 2 tonnes de pommes au cours de cette matinée. Régulièrement j’en prélève une cagette pour la verser dans la broyeuse. Plus le temps de trouver que le temps est frais, nous nous activons. Lavage broyage, lavage broyage, lavage broyage. D’autres, pendant ce temps là, récupèrent le broyat pour en faire des mille-feuilles dans le pressoir. Le jus coule à flot, c’est beau et magique. Nous goûtons ce premier jus brun orangé, sucré et goûteux. Tout le monde s’active car la chaîne n’attend pas. Les premiers bacs de jus brut partent à la pasteurisation. Nous continuons à laver, prélever, broyer, presser, laver, prélever, broyer et presser. 

Puis la chaîne d’embouteillage démarre, les premières bouteilles sortent remplis de jus à 75° C. Il nous faut nous organiser pour éponger le flux de bouteilles qui sortent de la chaîne de remplissage, untel sera chargé de mettre les capsules dans la presse, untel encapsulera, les autres mettront les étiquettes sur ces bouteilles bouillantes pendant que les autres les mettront, couchées dans les cagettes de transports. On est concentrés, mais le rythme est rapide. Trop rapide. Nous cassons trois bouteilles … c’est toujours triste. Nous ralentissons la chaîne mais pas trop car il nous faut finir notre millier de bouteilles pour midi. Nous travaillons, pas de pause. Tout le monde est là. Pas de tire au flan. A midi les dernières bouteilles sortent de la chaîne, nous aurons fait plus de 1200 bouteilles en une matinée. Nous sommes heureux de ce moment, nous laissons exploser notre joie du beau travail accompli, de notre solidarité entre nous. Nous finissons de remplir le camion avec les dernières cagettes. L’air dans le camion se réchauffe sous l’action des bouteilles encore chaudes.

Le résultat est beau, nous sommes vraiment très heureux même si nous ne sommes pas allés à l’autre bout du monde, même si nous ne nous sommes pas achetés de beaux objets, même si nous ne nous sommes pas soumis au dictât de la consommation, même si nous sommes un peu fatigués et crado. Nous sommes heureux de ce moment de partage et de fraternité. Nous concluons cette matinée par un déjeuner partagé avant de reprendre la route pour les Ulis et décharger le camion dans les voitures de ceux qui avaient déjà passés commande. 

Depuis des années « Citoyens écologistes et Solidaires » est partenaire de « Femmes et Développement », par sa présence ce week-end, notre association a prouvé que son nom n’est pas vain et que les actions des deux associations sont parfaitement complémentaires et leur synergie positive. Une fois de plus nous sommes profondément heureux d’avoir été aux cotés de belles personnes qui tentent de changer la vie. Superbe week-end.

Bruno BOMBLED

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire