AGENDA



mercredi 3 avril 2019

SIOM : tris des déchets recyclables, lettre ouverte

Ajouter une légende
SIOM de la Vallée de Chevreuse 
118 Chemin départemental 
91140 Villejust 


Objet : Demande de renseignements et de visite. Lettre ouverte 

A l'Attention de : Monsieur le Président du SIOM 


Monsieur le Président, 

Il y a quelques années le SIOM a mis en place un projet ambitieux de collecte des déchets recyclables. En tant que citoyens et en tant qu'associatifs soucieux de limiter notre impact écologique, nous trouvions que cela allait dans le bon sens et nous nous félicitions de vos décisions. 

Cependant, dernièrement, nous nous sommes laissés dire qu'aujourd'hui, avec le nouveau prestataire (SEPUR) le traitement et le tri des déchets recyclables, après collecte dans les villes, laissaient à désirer. Le tri était, disons bâclé, et même certaines fois totalement ignoré pour être rassemblé avec le tout venant des ordures ménagères, voire même des déchets verts. 

C'est pourquoi, nous nous permettons ce courrier en tant qu'associatif et contribuable, pour vous demander ce qu'il en est des déchets recyclables que nous prenons soin de trier chez nous ? Quel est leur devenir réel ? Quels contrôles avez-vous mis en œuvre, auprès de la société SEPUR, pour veiller à ce que ce tri soit efficace ? 

De la poursuite des efforts engagés par le SIOM depuis des années en va la crédibilité et l'engagement des citoyens dans la transition écologique de notre territoire. 

Nous souhaiterions, de plus pouvoir visiter la filière de récolte, de tri et de recyclage des déchets.

Merci de nous dire comment il serait possible d'organiser cette visite. Dans l'attente de vos réponses, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en nos salutations les meilleures.

Citoyens Écologistes et Solidaires
Le 2 Avril 2019

samedi 16 février 2019

La fête de l'écologie, Les Ulis en transtion - 16 mars 2019

L'association CES - Les Ulis-Plateau de Saclay vous invite à 
La fête de l'écologie 

Aux arbres citoyens! les Ulis en transition ?


Le Samedi 16 mars 2019 
de 10 h à 18 h 
Au LCR de la Treille 
Centre Commercial les Boutiques, 
avenue de Champagne 91940 Les Ulis 

 Objectifs de la journée : 

Cette journée, consacrée à l’écologie, devra permettre les échanges sur des réalisations, des idées et des solutions, dans le respect de chacun et la recherche de consensus.

Comment faire face aux conséquences du changement climatique, de la raréfaction des ressources et de la crise du modèle économique et financier mondial et comment les anticiper dans les meilleures conditions ? A quel niveau mettre en place des solutions alternatives et solidaires 

Parlons-en ! 

Face aux changements climatiques et à la pénurie énergétique prévus, la transition énergétique citoyenne et la sobriété énergétique partagée sont-elles la solution ? Face à la nécessité de réduire la consommation d'énergies fossiles, comment développer d'autres modes de mobilité? 
Face au chômage, la transition écologique de notre économie est-elle viable ? Face à la précarisation et à l’exclusion engendrées par le système économique actuel, quels nouveaux modèles économiques, reposant sur l’autonomie des personnes, pouvons-nous développer localement, en particulier dans le cadre d’une Economie Sociale et Solidaire, et d'une finance plus éthique?
Face à la mondialisation, comment construire sur notre territoire une économie de la proximité et de l’utilité sociale (alimentation en circuits courts...). 

Programme :

10h : Accueil des participants, animations et présentation des stands associatifs
10h15 : Présentation de la journée par Etienne Charron, président de CES
10h30 : Conférence-débat avec Bruno Bombled sur le thème "Développement durable et réchauffement climatique"
10h – 14h : Stand du SIOM : présentation de produits ménagers à faire soi-même et respectueux de notre environnement.
12h - 14h : Alternatibar, restauration et animations sur les stands
14h - 16h : Débats : table ronde ou ateliers (transports, économies d’énergie dans les logements, alimentation de qualité et de proximité, maîtrise des communs -eau, électricité, services publics-, économie sociale et solidaire...)
16h : Restitution- Conclusions
16h-18h : suite des animations sur les stands

jeudi 6 décembre 2018

Envie d’une AMAP sur Les Ulis ?



Vous voulez….

Manger sainement, des fruits et légumes qui ont du goût ?
Participer à l’installation de jeunes maraîchers ?
Vous engager en faveur d’une agriculture proche de vous, à petite échelle et respectueuse de la nature ?
Réduire votre empreinte écologique en minimisant les kilomètres parcourus par vos fruits et légumes ?

L’AMAP est faite pour vous ! 

Des légumes bios, de saison et locaux, récoltés au plus près de la distribution. Le soutien à l’agriculture paysanne. L’inclusion dans une AMAP, lieu d’échanges et de convivialité lors des distributions. La possibilité de prendre part à des chantiers participatifs ...

Une AMAP c'est quoi ? C'est une Association qui oeuvre pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne. C'est un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une exploitation locale (généralement une ferme), débouchant sur un partage régulier (le plus souvent hebdomadaire) de récoltes composées des produits de la ferme. L'AMAP est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité réciproques du consommateur et du producteur ; il représente une forme de circuit court de distribution.

C’est quoi ? C’est quand ? C’est où ? 

Réunion d'information pour 
la création d’une AMAP 
avec distribution dès 2019 de légumes produits à 5 km
aux Ulis 

 Mardi 11 décembre 2018 
à 20h30 
MPT de Courdimanche, 
avenue de bourgogne 91940 Les Ulis

dimanche 4 mars 2018

Transports, débat public


Notre monde « moderne », a pris son essor avec l’utilisation des énergies carbonées (charbon puis pétrole). L’honnêteté pousse à reconnaître que cela a apporté beaucoup de confort à nos sociétés occidentales : santé, longévité, nourriture abondante, etc … Mais après des décennies de consommation sans conscience, les limites de la planète s’imposent à nous en ce début de vingt unièmes siècles. Les stocks de pétrole ne sont pas inépuisables, et parallèlement, le carbone stocké jusqu’alors sous terre, mais remis dans l’atmosphère dérègle, à moyen terme, le climat fragilisant nos sociétés peu résilientes. Les quantités de pétrole restantes, toujours plus difficiles à extraire se font de plus en plus rares au point que nous essayons d’essorer les quelques gouttes d’hydrocarbure que la planète possède encore (gaz de schiste, sables bitumineux, …). Et aujourd’hui, il ne reste pas assez de réserves pour répondre à une demande toujours croissante mais il en reste suffisamment pour détraquer complètement le climat qui, par son exceptionnelle stabilité, avait permis l’essor de la société humaine. Telle est la situation. Il ne nous reste donc qu’une chose à faire : anticiper et cesser la fuite en avant, comme nous le redit l’appel des 15000 scientifiques de 2017.

Il nous faut donc parler et penser « développement durable ». Et si nul ne peut sauver, à lui seul, l’humanité, en revanche la somme de nos décisions durables et locales peut, sans rien garantir, donner l’espoir à l’humanité qu’elle pourra poursuivre son aventure sur son seul et unique vaisseau spatial.

Cette idée d’actions locales est l’esprit de l’association Citoyens Ecologistes et Solidaires qui s’est donné pour but d’œuvrer au développement durable sur son territoire de vie : le plateau de Saclay. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous nous immisçons dans le débat sur les transports et sur la protection des terres agricoles et forestières.

En préambule de ce débat constatons que, dans le cadre de la transformation de nos villes carbonées en villes résilientes, la protection des terres agricoles péri-urbaines est une priorité absolue car si les familles ont besoin de logements, elles ont aussi besoin de nourriture, locale, saine, de saison, peu chère et dé-carbonée. Ainsi ; sur le plateau de Saclay, il existe une zone de protection des terres agricoles et forestières, il faut que cette protection soit gravée dans le marbre et ne puisse être, comme cela se voit partout, sacrifiée au moindre projet de bétonnage, sur l’autel du pragmatisme et de la croissance.

Second point sur lequel il faut nous accorder : le Paris-Saclay - très critiquable par ailleurs - est maintenant une réalité (imposée). Dans un esprit de durabilité sociale, écologique, climatique et économique, quelles solutions de déplacement pour les personnels travaillant sur le site, pour les Ulissiens, et pour les habitants de la CPS ? Les projets, comme celui d’un métro lourd ne répondent pas aux défis qui se posent à nous. Il nous faut regarder les flux, les capacités, les demandes, les alternatives afin de proposer des modes de déplacements sobres en carbone et qui répondent à nos besoins.

C’est pourquoi l’association CES propose une soirée de débat public, aux Ulis, où des intervenants nous exposeront les défis actuels, nous montreront les risques que posent les projets de transport de la ligne 18, et évoqueront des solutions alternatives. Nous donnerons la parole aux citoyens présents dans la salle, qui seront ainsi entendus par les élus qui nous feront l’honneur d’être présents, et par les journalistes, qui voudront se joindre à nous et pourront se faire l’écho des idées émises. A l’issue de cette soirée une position de principe sera prise par l’association CES qui donnera lieu à un communiqué de presse et à une motion lue devant les différentes assemblées d’élus locaux.  


Nous vous donnons rendez-vous 
(sous réserve d’acceptation de la Mairie des Ulis) 
le mardi 10 avril 2018, 
de 20 h à 23 h 
à la maison des associations des Ulis 
(2 avenue d’Alsace – Les Ulis).

dimanche 11 février 2018

Mon courrier Stop-linky à EDF


A l'attention de : Direction commerciale EDF 
Objet : Opposition à l'installation du compteur Linky chez moi. 

 Madame, Monsieur, 

Je viens de recevoir un courrier m'informant qu'un compteur Linky allait être installé chez moi, merci de trouver, par la présente mon refus de voir cet appareil remplacer mon compteur actuel. 

Je refuse pour des raisons économiques, de gestion des ressources et contre l'obsolescence programmé qu'induit cet appareil. Mon compteur actuel, gratuit, est en parfait état de fonctionnement et ne demande pas à être remplacé, alors que votre compteur Linky me coûtera une location que je n'ai pas désirée. Par ailleurs vos compteurs Linky vont à l'encontre de ma philosophie de vie : ils sont prévus pour ne durer qu'une dizaine d'années, ce qui est un gâchis de matières premières et va totalement à l'encontre des accords de Paris de la COP 21, qui appelle à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, et de l'appel des 15000 scientifiques qui exhortent le monde à une meilleure gestion des ressources afin de préserver le climat et les équilibres naturels afin d'assurer notre durabilité. 

Ensuite les exemples d'incendies causés par ces nouveaux compteurs sont légions, je ne souhaite donc pas faire porter un risque non négligeable à mon logement et ceux de mes voisins. 

Ces compteurs n'ont d'intelligent que le nom, ils sont en fait un capteur de données et je refuse que ma consommation, reflet de mon mode de vie, de mes absences et de mes présences soit disponible dans le Big Data, dans le nuage électronique que personne ne maîtrise. C'est pour moi, une véritable violation de vie privée. 

Pour finir, étant mensualisé, mes démarches de facturations sont déjà très simples et n'étant plus un enfant depuis longtemps, conscient des impacts environnementaux de la consommation d'énergie et de la gabegie générale en matière énergétique, il y a longtemps que je sais maîtriser ma consommation que je limite au strict nécessaire et je n'ai pas eu besoin d'attendre votre appareil pour être responsable. 

Merci donc de bien vouloir avertir vos services (Enedis) qu'il est inutile qu'ils se déplacent à mon domicile pour installer, contre mon grès, votre pareil Linky que je refuse et que la cour des comptes a épinglé pour son coût de déploiement sur le territoire et qui, au final, ne profite guère aux consommateurs. 

Dans l'espoir d'avoir été entendu par vous, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en mes salutations les meilleures. 

Bruno BOMBLED

lundi 22 janvier 2018

Expo Universelle, satisfaction des associations devant son abandon par le gouvernement

Communiqué de presse suite à l'abandon 
du projet d'aéroport NDDL et 
de la candidature Expo universelle 2025
(21 janvier 2018)

Le comité NDDL-Plateau-de-Saclay et le collectif Urgence-Saclay se réjouissent de la décision prise d'abandonner le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La méthode choisie par le gouvernement a été la bonne : reconsidérer complètement la situation en nommant des rapporteurs indépendants pour étudier en profondeur les deux alternatives possibles. La solution choisie, la rénovation de l'aéroport Nantes-Atlantique, outre qu'elle est beaucoup plus respectueuse de l'environnement, est aussi la moins chère. 

Nous accueillons ce weekend, avec le même soulagement, le renoncement de la France à sa candidature à l'exposition universelle 2025 qui avait pour cible des terres encore cultivées du Plateau de Saclay. 

La folie des grandeurs avait conduit les majorités élues locales à rajouter ce projet aux difficultés de la construction institutionnelle de l' « Université » Paris-Saclay (1) et aux difficultés de transport vers et sur le plateau. Outre la tartufferie de prétendre protéger la planète en commençant par bétonner encore plus de terres agricoles, seuls des naïfs pouvaient croire aux promesses mirobolantes de 160 000 emplois durables créés et de 23 milliard d'euros de gains économiques. Le vrai risque était bien plutôt de creuser encore plus le déficit prévisible des finances publiques ces prochaines années. Ce point ne pouvait pas échapper à une analyse financière sérieuse.  

Tout comme à Notre-Dame-des-Landes, et comme pour cette candidature déraisonnable, il faut maintenant remettre à plat et regarder avec objectivité les projets d'urbanisation du plateau que les majorités élues au département et à la communauté d'agglomération continueront à pousser, dans la même opacité que feu la candidature à l'exposition universelle. 

Pour résoudre les problèmes de transport, point très difficile dès aujourd'hui pour les usagers, la solution la plus chère, la plus longue en délai de réalisation et la plus menaçante pour les terres agricoles a été retenue. Ce train sur viaduc arrivera de toute façon bien tard et aux dernières nouvelles, c'est le futur réseau Grand Paris Express dans son ensemble qui est actuellement remis en question, pour cause d’explosion de son budget prévisionnel. 

Il serait donc temps d'étudier sérieusement les solutions alternatives de transport proposées par divers spécialistes. Il s'agit d'entretenir et d'améliorer l'existant, en particulier le RER B, de considérer les liaisons vallée-plateau sous forme de téléphérique, d'améliorer la desserte par les lignes de bus, dont celui en site propre. 

Quant à la construction d'un hôpital sur le Plateau au détriment de la rénovation des hôpitaux de proximité du Nord-Essonne, avec fermetures à Orsay, Longjumeau et Juvisy, voilà encore une vision d' « excellence » bien défavorable aux habitants. Outre l 'éloignement des services hospitaliers, le projet correspond à une offre de lits en diminution d'environ 30 % sur le périmètre cité et à la perte de 625 emplois, dont nombre de personnels soignants. 

(1) Le regroupement forcé d'établissement d'enseignement supérieur et de recherche n'a pas donné les résultats attendus en termes de construction institutionnelle. L’État a déjà investi plusieurs milliards d'euros en immobilier mais c'est la division qui règne avec deux projets concurrents (Paris-Saclay d'un coté, Polytechnique de l'autre). Même dans le cas de l' « université » Paris-Saclay, plusieurs composantes veulent conserver leur identité propre. 

Comité de soutien NDDL-Plateau-de-Saclay 
Collectif Urgence Saclay !

vendredi 12 janvier 2018

Appel de scientifiques pour un aménagement du plateau de Saclay respectueux de sa valeur écologique et de ses habitants

Lettre ouverte à Mme Valérie Masson-Delmotte et M. Cédric Villani 
Copie à M. le Premier Ministre, Edouard Philippe 


Madame la Présidente, Monsieur le Député, chère et cher collègue, 

Nous nous adressons à vous en tant que scientifiques, impliqués dans la vie de la cité et parce que nous voulons croire à la sincérité et au caractère désintéressé de votre démarche pour le progrès social et économique de notre pays.

Vous avez pris position récemment en faveur de la poursuite de l’urbanisation du plateau de Saclay, à travers deux opérations d’aménagement à très fort impact (1,2): la construction de la ligne 18 du Grand Paris Express (M. Villani, votre courrier à Emmanuel Macron du 20 Novembre 2017), et l’accueil de l’Exposition Universelle en 2025 (Mme Masson-Delmotte, votre tribune dans le Monde du 20 juin 2017). 

Vous n’ignorez pas bien sûr l’urgence des problèmes climatiques et environnementaux qui nous menacent. Nous sommes moins certains que vous ayez pris toute la mesure de l’évolution rapide et nécessaire de nos sociétés que ces menaces requièrent. Et votre engagement public vous amène à fréquenter un milieu d’élus, d’hommes politiques et d’acteurs économiques dominants dont l’intérêt n’est pas de favoriser cette évolution. En outre, votre position de scientifiques vous conduit à placer des espoirs démesurés dans le pouvoir de la science et de la technologie, qu’il faut aujourd’hui réévaluer à l’aune des graves menaces qui pèsent sur notre planète. 

Avec le changement climatique et son cortège de catastrophes annoncées, (dont une chute inévitable des rendements agricoles), la raréfaction des ressources biologiques, énergétiques et des matières premières, et les innombrables problèmes de pollution engendrés par notre modèle de développement, nous ne pouvons plus raisonner avec les schémas d’hier : la science va peut-être nous aider, mais ne suffira certainement pas à nous épargner le choc qui s’annonce. Elle ne peut nous dispenser d’emprunter la voie étroite, mais impérieuse, que tracent depuis longtemps les penseurs écologistes, celle de la sobriété, qui doit être adoptée par toute la société comme une nouvelle culture (3). 

Cette sobriété implique notamment d’organiser des territoires équilibrés, où l’autonomie alimentaire et économique est recherchée au maximum. Des territoires dont la densité et l’aménagement permettent de conjuguer habitat et travail, alimentation et activités, au service et au plus près de ses habitants, en minimisant les transports de toutes natures. 

Sur le plateau de Saclay, cette sobriété n’est pas compatible avec la construction d’un métro lourd au milieu des champs pour permettre à quelques cadres pressés, hommes d’affaires et autres chercheurs de se rendre rapidement à Orly ou à la Défense (4). Cette sobriété n’est pas compatible avec la destruction de terres cultivées de grande valeur nourricière et écologique, dans le but d’accueillir 35 à 50 millions de visiteurs pour quelques mois. Rappelons le rôle crucial des sols naturels dans la séquestration du carbone atmosphérique, et la lourde tendance de notre pays à détruire cette ressource et ce patrimoine par dizaines de milliers d’hectares chaque année. Cette sobriété deviendra impossible dans la mégapole que ces projets préparent, où un mode de vie consumériste s’imposera à tous, du fait notamment d’une dissociation toujours plus grande entre lieu de travail, lieu de vie, et lieu de production alimentaire. 

Nous regrettons vivement, M. Villani, qu’à peine deux jours après les Assises de la Mobilité sur le plateau de Saclay, où vous avez malheureusement manqué la plupart des exposés consacrés à ces questions d’aménagement et aux différents choix de transports qui s’offrent aujourd’hui (5), vous ayez signé avec vos collègues députés votre lettre en faveur de la ligne 18, projet énergivore inadapté aux besoins et surdimensionné. Dans une autre lettre, vous évoquez plus récemment une « trahison », alors que rien n'oblige, bien au contraire, l'actuel gouvernement de tenir les promesses intenables des gouvernements précédents, aveuglés par le mirage d'une «Silicon Valley à la française ». Nous regrettons vivement, Mme Masson-Delmotte, que par votre soutien réaffirmé, vous permettiez aux promoteurs du projet d’Exposition Universelle de se poser en défenseurs de l’environnement, et de faire oublier les atteintes écologiques irrémédiables qui seront induites par cet événement de pur prestige. 

Les scientifiques se prétendant porteurs de solutions à la catastrophe qui s’annonce, en apportant leur caution à des projets d’un autre âge (la conception du Grand Paris est ancrée dans une époque où ces questions de développement territorial se posaient tout autrement), endossent une lourde responsabilité dans la débâcle qui ne manquera pas de se produire. La science sera incapable de restaurer les ressources naturelles que nous nous apprêtons à détruire. Le béton ne se mange pas, l’excellence et « l’attractivité » non plus. Avez-vous seulement pris le temps de réfléchir à ce qu’implique cette notion si consensuelle d’attractivité, en termes de surconcentration, de vampirisation des périphéries, et de compétition stérile entre communautés ? 

Au contraire, en faisant sur le plateau de Saclay le choix d’une véritable sobriété affirmée, en réfléchissant à une organisation harmonieuse et en privilégiant des aménagements légers, sobres, économes et au service des population locales et du personnel qui y travaille, vous pourriez inventer l’excellence du 3ème millénaire, celle de la qualité de vie et du bonheur de faire société humaine. La seule qui, à terme, pourrait bien présenter aux yeux de tous une réelle « attractivité », et en premier lieu pour la communauté scientifique que ce projet ambitionne d’y installer. Le plateau de Saclay recèle de nombreux atouts, vous le savez, un terreau fertile pour envisager dès aujourd’hui ces changements de paradigmes. 

Nous scientifiques, enseignants et personnels, étudiants et élèves des établissements de Paris-Saclay et au-delà, dénonçons les présupposés idéologiques dangereux, la fuite en avant technoscientifique, le gâchis écologique et financier et le déni de démocratie qui prévalent dans le pilotage de l’opération Paris-Saclay. Nous déclarons notre ferme opposition aux destructions qui s’opèrent en notre nom, et affirmons que ces destructions ne sont en rien nécessaires pour « faire entrer la France dans le XXIème siècle », et lui faire « gagner le pari de l’intelligence ». L’intelligence d’un vrai pari scientifique serait justement de proposer ici un modèle qui embrasse expressément les enjeux du siècle à venir, sans reproduire à l’infini les erreurs du passé. 

(1) Courrier de Députés et Sénateurs à Emmanuel Macron du 20 novembre 2018 http://s396981838.onlinehome.fr/Courrier-a-E-Macron-ligne-18.pdf.


(3) Voir à ce propos l' « Avertissement à l'humanité » de plus de 15 000 scientifiques internationaux, publié le 13 novembre 2017 sur le site de la revue BioScience. 

(4) A ceux qui pensent que la ligne 18 du Grand Paris Express est devenue indispensable à la réussite du projet Paris Saclay : http://s396981838.onlinehome.fr/A_propos_de_la_ligne_18.pdf(5) Vidéos et supports consultables ici : http://assises-mobi-saclay.fr/index.php/presentations. 

Cet appel a été lancé par des scientifiques des établissements de Paris-Saclay Il peut être largement diffusé Si vous souhaitez vous y associer, écrivez à l'adresse contact : urgence-saclay-contact@fdmc.fr en précisant votre nom, statut ou fonction, et votre établissement de rattachement.